L'Empire ottoman est fondé en 1299. La prise de Constantinople, en 1453, marque le début son rayonnement mondial. Au faîte de sa puissance, en 1683, il s'étendait sur trois continents autour de la Méditerranée.
À partir du XIXe siècle, de nombreux territoires obtiennent progressivement leur indépendance. Allié à l'Allemagne durant la Première Guerre mondiale, il est dissous en 1922 et laisse place à la République de Turquie en 1923. [1]
Avant l'apparition des premiers drapeaux, les Ottomans utilisaient principalement le tuğ, un étendard constitué d'une hampe surmontée de queues de cheval.
Selon la tradition, le premier drapeau ottoman, appelé Ak Sandjak (étendard blanc), aurait été offert par le sultan seldjoukide à Osman Bey en reconnaissance de son autorité. Cet emblème est considéré comme le premier drapeau de la dynastie ottomane.
Un drapeau rouge orné d'un croissant de lune vert apparaît à la fin début du XVe siècle. Les dates exactes de son adoption et de son abandon ne sont pas connues avec certitude. [2]
Une étoile est ajoutée au croissant en 1793. Bien qu'elle ne le soit pas à l'origine, cette association du croissant et de l'étoile est aujourd'hui l'un des symboles les plus largement associés à l'islam.
Les premiers modèles présentent des étoiles à six, sept ou huit branches, leur nombre n'étant pas encore fixé par la réglementation.
En 1844, le croissant et l'étoile à cinq branches sont officiellement adoptés. Ce drapeau restera en usage jusqu'à la disparition de l'Empire ottoman et inspirera directement celui de la République de Turquie.
Les sources anciennes ne distinguent pas toujours les drapeaux utilisés à terre des pavillons arborés en mer. Il est probable que certains aient été utilisés sur terre et en mer.
Les premières représentations connues montrent un simple drapeau rouge.
Un drapeau capturé en 1601 lors de la bataille de Guruslău, qui opposa l'Empire ottoman à la monarchie des Habsbourg représente un zülfikar. Il s'agit d'un sabre bifide légendaire attribué à Ali, gendre du prophète Mahomet. Cet emblème est fréquemment utilisé dans l'iconographie ottomane.
Des drapeaux ornés de trois croissants de lune apparaissent dans plusieurs recueils européens à partir du XVIe siècle. Leur origine et leur signification restent discutées.
Selon certaines interprétations, les trois croissants symboliseraient la foi, la moralité et la justice. D'autres y voient une représentation des trois continents sur lesquels s'étendait l'Empire ottoman.
L'Empire ottoman était organisé en communautés religieuses (millets). Plusieurs recueils européens des XVIIIe et XIXe siècles, fondés sur les observations de marins ou de voyageurs, attribuent des pavillons marchands distincts aux différentes communautés de l'Empire.
Cette différenciation permettait probablement d'identifier rapidement un navire, son armateur ou sa communauté d'appartenance.
Le drapeau impérial était l'emblème personnel du sultan ottoman. Il était rouge et portait la tughra, la signature calligraphique officielle du souverain.
Contrairement au drapeau de l'État, il représentait la personne du sultan et était hissé sur les palais, les résidences impériales ou en présence du souverain.
Le pavillon impérial était hissé sur le navire lorsque le sultan était à bord.
Lister les drapeaux des provinces de l'Empire ottoman n'est pas chose facile. Au cours de ses six siècles ans d'existence, son périmètre s'est constament modifié. Il était composé de nombreux territoires, elayets, vilayets,provinces rattachées ou vassales, tous de populations, de religions et de tailles très diverses.
Les divisions administratives, leurs limites et leur statut ont été modifiés à de nombreuses reprises, notamment lors de la réforme administrative de 1864 qui a remplacé les eyalets par des vilayets.
De nombreuses provinces furent créées, fusionnées, divisées ou supprimées au fil des conquêtes, des pertes territoriales et des réformes.
À côté de ces divisions administratives existaient également des territoires bénéficiant d'une large autonomie, tels que des principautés, des khédivats, des régences, des chérifats ou encore des États autonomes. D'autres États étaient simplement tributaires ou vassaux de l'Empire tout en conservant une grande indépendance dans leurs affaires intérieures.
Toutes les divisions administratives de l'Empire ottoman ne possédaient pas un drapeau spécifique. Seules certaines provinces autonomes, régences, États vassaux ou territoires bénéficiant d'un statut particulier ont utilisé un emblème ou un drapeau propre, souvent pendant une période limitée de leur histoire. [3]
L'État crétois fut un État autonome placé sous la suzeraineté de l'Empire ottoman entre 1898 et 1913, avant son rattachement à la Grèce.
Le drapeau de l'État crétois rappelle sa double appartenance. Le quartier rouge portant une étoile blanche symbolise la souveraineté ottomane, tandis que le reste du drapeau évoque l'identité grecque de l'île.
L'État libre d'Ikaria est une éphémère république proclamée en 1912 avant son rattachement à la Grèce.
Drapreau bleu à la croix alésée blanche.
La principauté de Samos bénéficiait d'une large autonomie sous la souveraineté ottomane entre 1834 et 1912.
Le pachalik de Scutari, gouverné par la famille Bushati, exerça une importante autonomie vis-à-vis du pouvoir central ottoman à la fin du XVIIIe siècle.
Au lion‑ailé portant un évangile. Il rappelle la domination de la République de Venise sur les îles Ioniennes.
La Régence d'Alger était un État vassal de l'Empire ottoman dirigé par un dey. Elle conserva une large autonomie jusqu'à la conquête française de 1830.
La Régence de Tunis était gouvernée par les beys husseinites, tout en reconnaissant la souveraineté du sultan ottoman.
Gouvernée par la dynastie Karamanli durant une grande partie du XVIIIe siècle, la Régence de Tripoli jouissait d'une importante autonomie.
Drapeau vert à trois lunes blanches.
Le khédivat d'Égypte acquit progressivement une autonomie considérable sous la dynastie de Méhémet Ali tout en demeurant officiellement une province ottomane.
Le chérifat de La Mecque était gouverné par les chérifs hachémites, gardiens des lieux saints de l'islam.
Le drapeau reprend la chahada, un des cinq piliers de l'Islam.
Le vilayet de Bosnie fut créé en 1867 lors de la réorganisation administrative de l'Empire ottoman.
Capitale de l'Empire ottoman de 1453 à 1922, Constantinople possédait également son propre étendard.
La Turquie est l'État successeur de l'Empire ottoman. Proclamée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk, elle occupe le cœur historique de l'ancien Empire.
Les États présentés ci‑dessous correspondent aux pays actuels dont tout ou partie du territoire a appartenu à l'Empire ottoman.