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La croix est un symbole présent sur de nombreux drapeaux depuis le Moyen Âge. Elle a d''abord été utilisée à des fins religieuses. Dès la première croisade (1096 ‑ 1099), les pèlerins portaient une croix rouge sur leurs vêtements, et lors de la troisième croisade (1189 ‑ 1192), des croix figuraient sur les bannières des croisés pour identifier leur origine ou leur ordre. Par exemple, les chevaliers français portaient une croix rouge sur fond blanc, tandis que les croisés anglais utilisaient une croix blanche sur fond rouge.
Au fil du temps, de nombreuses variantes de croix sont apparues. Certaines servaient à identifier plus précisément des ordres religieux ou des régions, tandis que d'autres étaient simplement décoratives. Avec les siècles, la signification religieuse s'est parfois estompée, laissant place à un rôle plus symbolique ou historique.
Nous présentons ici une quarantaine de croix différentes, chacune avec sa propre histoire et sa signification.
Cliquez sur les vignettes pour les voir dans leur contexte d'origine
Il s’agit de l’un des premiers modèles de croix utilisés sur les étendards médiévaux. Les Français furent parmi les premiers à utiliser la croix rouge sur fond blanc, tandis que les Anglais portaient une croix blanche sur fond rouge. Les Français adoptèrent ensuite la croix blanche sur fond bleu, fond que l’on retrouvera plus tard sur de nombreux drapeaux de comtés et de duchés. Les Anglais reprendront quant à eux la croix rouge sur fond blanc pour en faire le drapeau de l’Angleterre. Le bleu et le rouge deviendront ainsi des couleurs symboliques respectivement associées à la France et à l’Angleterre, dans un contexte de rivalité politique et militaire qui se prolongera durant plusieurs siècles.
Pour terminer, le drapeau de la Confédération canadienne utilisé entre 1907 et 1924 cumule à lui seul trois croix de Saint Georges.
L’appellation « croix de Saint Michel » est employée dans un sens religieux ou symbolique, mais ne correspond pas à un type de croix vexillologique médiéval formellement défini.
D’abord utilisée par les croisés français, la croix blanche fut ensuite reprise comme emblème militaire par le royaume de France.
Elle s’opposa progressivement à la croix rouge anglaise, devenue l’un des symboles de l’Angleterre.
Ce pavillon fut également utilisé par la marine française au XVIIe siècle.
Couleurs inversées.
Il n'est pas toujours facile de déterminer s'il s'agit d'une croix de Saint Georges ou d'une croix de Saint Michel, ces drapeaux ont été rassemblés.
La croix scandinave trouve son origine dans la tradition des croix chrétiennes médiévales, mais elle ne dérive pas directement des croix des croisades. Sa particularité réside dans le décalage de la croix vers la hampe, afin qu’elle paraisse visuellement centrée lorsque le drapeau flotte au vent.
La croix de Saint André rappelle le chevalet en X sur lequel Saint André aurait été supplicié.
Elle est traditionnellement blanche sur fond bleu, mais le terme désigne aussi de manière générique toute croix dont les branches sont diagonales.
Autres couleurs
Historiquement, lorsque deux maisons s’alliaient, leurs armoiries étaient juxtaposées. En héraldique, ce procédé est appelé écartelé.
C’est ainsi qu’a été réalisé le rapprochement des armoiries de l’Écosse et de l’Angleterre.
Au début du XVIIIe siècle, l’idée est apparue de superposer les croix pour former un drapeau unique.
La croix de Saint Patrick, rouge sur fond blanc, est ancienne. Dès le IXe siècle, on trouve une croix rouge « à nœuds » dans le drapeau du duché de Bourgogne. En 1477, par le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien Ier de Habsbourg, les Habsbourg d’Autriche et d’Espagne deviennent ducs de Bourgogne et obtiennent les Pays-Bas bourguignons. Ils utiliseront désormais ce drapeau, appelé « croix de Bourgogne », qui flottera sur de nombreuses régions du globe avec l’empire espagnol.
Une variante particulière de la croix de Saint Patrick est la croix de Bourgogne. Elle se caractérise par des nœuds sur les branches de la croix (d’argent, au sautoir écoté de gueules). À l’origine drapeau des ducs de Bourgogne, elle fut reprise par l’empire espagnol et se retrouve sur différents drapeaux issus de ce dernier.
En ajoutant la croix de Saint Patrick au drapeau de Grande-Bretagne, en 1801, fut créé le drapeau du Royaume-Uni.
La croix de Saint Jacques (Santiago cruz en espagnol) est l’insigne d’un ordre religieux et militaire fondé en 1170 par Ferdinand II, roi de León et de Galice. On la retrouve dans de nombreux drapeaux de la région. Cette croix se distingue par la branche inférieure qui se termine en pointe : comme il s’agit d’un ordre militaire, cette pointe symbolise une épée.
On appelle croix grecque une croix dont les quatre branches sont de même longueur et se croisent en leur centre.
Lorsqu’une croix ne va pas jusqu’au bord du drapeau ou des armoiries, elle est dite alésée. La croix suisse est un exemple de croix alésée.
On appelle croix latine une croix dont la branche verticale inférieure est plus longue que les autres.
On appelle croix pattée une croix dont les branches s’élargissent vers les extrémités. Il en existe de nombreuses variantes.
Très belle série de croix pattées dans les drapeaux des municipalités de la Géorgie.
Le croisement d'une croix latine et d'une croix pattée donne une croix latine pattée.

On appelle croix de Malte une croix à quatre branches de même longueur terminées chacune par deux pointes, pour un total de huit pointes. On la retrouve également sur de nombreuses médailles, par exemple celles de l’ordre du Saint-Esprit ou de la Légion d’Honneur.
Une croix pattée particulière est la croix de l’Ordre du Christ. L’Ordre du Christ était un ordre militaire créé au Portugal en 1319, pour remplacer l’ordre des Templiers dissous en 1312. Aujourd’hui, l’Ordre du Christ est devenu un titre honorifique au Portugal.
Un autre type particulier de croix pattée est la croix de fer. Elle figure notamment sur le drapeau de la Wehrmacht. Sa particularité réside dans ses branches à courbure concave.
On appelle croix patriarcale ou croix archiépiscopale une croix comportant deux barres horizontales inégales.
La petite barre supérieure représente l’écriteau de la croix du Christ, sur lequel était inscrit « INRI » (Jésus de Nazareth, roi des Juifs).
Ce type de croix est attesté dès le Moyen Âge dans l’Empire byzantin et en Europe centrale.
Il fut ensuite largement diffusé en Occident, notamment par les ducs d’Anjou et de Lorraine au XVe siècle.
En héraldique, la croix patriarcale est souvent représentée sous une forme pattée, c’est-à-dire dont les branches s’élargissent vers leurs extrémités. Lorsque cette caractéristique est présente, on parle de croix patriarcale pattée.
La croix de Lorraine est une variante célèbre de la croix patriarcale. Elle fut adoptée comme symbole de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, en opposition à la croix gammée nazie.
La croix russe est une forme particulière de croix orthodoxe comportant une barre inférieure inclinée. L’extrémité relevée symboliserait le bon larron et l’extrémité abaissée le mauvais larron.
Selon les auteurs, la croix russe peut être définie avec deux ou trois traverses horizontales.
La croix de Jogaila est une variante particulière de la croix patriarcale dont les deux traverses horizontales sont de longueur égale. Elle provient des armoiries de la dynastie des Jagellon et est associée à Jogaila (Ladislas II Jagellon), grand-duc de Lituanie et roi de Pologne. On la rencontre principalement dans l’héraldique lituanienne.
La croix orthodoxe se distingue par la présence de trois barres horizontales : une petite barre supérieure pour l’écriteau, une grande barre centrale pour les bras du Christ, et une barre inférieure représentant le repose-pieds. Cette dernière est généralement inclinée. Elle est caractéristique des Églises orthodoxes orientales.
La croix papale est une croix à trois traverses horizontales droites, généralement décroissantes vers le haut. Elle constitue un symbole propre à la papauté et ne doit pas être confondue avec la croix orthodoxe, dont la barre inférieure est inclinée.
Une croix "cléchée" est une croix dont les branches se terminent par des boules. La plus célèbre, celle de la province du Languedoc, est également évidée ou vuidée (héraldique : de gueules, à la croix vuidée, cléchée et pommetée de douze pièces d’or).
La croix gammée a une réputation sinistre, mais littéralement, son nom signifie : croix en forme de la lettre grecque gamma " Γ ". Cette croix est bien antérieure au symbole nazi et possède un autre nom : la svastika. À noter que ses branches peuvent tourner dans les deux sens.
On la retrouve dans les religions hindoues et bouddhistes. Dans le drapeau triangulaire ci-dessous, trouvé sur FOTW, il s’agit d’un drapeau religieux en l’honneur du dieu Ganesh.
Dans le drapeau de l’ethnie Kuna au Panama, les branches indiquent les quatre points cardinaux.
On appelle croix potencée une croix en forme de potence, également appelée croix tau, reprenant la forme de la lettre grecque τ .
La croix de Jérusalem est une variété de croix pattée. Elle est complétée par quatre petites croix grecques, une dans chaque angle. Ces quatre petites croix symbolisent les quatre évangiles et indiquent également les quatre directions vers lesquelles il faut évangéliser.
On appelle croix serbe une croix grecque accompagnée de quatre lettres C placées dans les cantons. Le drapeau de la Serbie comporte en son centre un blason présentant cette croix blanche sur fond rouge. Les quatre lettres C signifient Само Слога Србина Спасава, ce qui se traduit par « Seule l’union sauve les Serbes ».
La croix byzantine est antérieure à la croix serbe et n’a pas la même signification.
Bien que le graphisme soit presque identique, il ne s’agit pas de la lettre C mais de quatre lettres grecques béta "Β". Leur signification est :
Basileus, Basileon, Basileuon, Basileusi, en français (Roi des rois, régnant sur des rois).
Le terme de croix byzantine est cependant utilisé pour décrire plusieurs types de croix. On retrouve sous ce terme des croix tréflées, des croix orthodoxes ou des croix plus plates avec des représentations du Christ ou des ornements.
Lorsque l’extrémité de chaque branche se termine par trois lobes en forme de trèfle, on parle de croix tréflée. La croix de la Victoire est un trésor datant de l’époque préromane, conservé dans la cathédrale San Salvador d’Oviedo. C’est un bel exemple de croix tréflée.
On appelle croix fleur-de-lysée une croix dont les branches se terminent par une fleur de lys.
Une croix fleur-de-lysée remarquable est la croix de l’ordre d’Aviz, figurant sur le drapeau du royaume du Portugal à partir de 1385. Jean Ier, étant un fils illégitime de Pierre Ier, modifia son blason en ajoutant la croix d’Aviz derrière l’ancien blason royal.
La croix dominicaine est une croix fleur-de-lysée particulière. Elle est noire et blanche, sur un fond écartelé en sautoir l’un en l’autre. Il en existe deux variantes : une fleur-de-lysée simple et une autre dont les pétales latéraux ne se referment pas complètement.
La croix de Calatrava est une croix fleur-de-lysée particulière. Elle est rouge et ses pétales latéraux restent ouverts. C’est la croix de l’ordre de Calatrava, un ordre militaire espagnol fondé au XIIe siècle.
La croix fourchée est une croix dont chaque branche se termine en deux pointes dirigées vers l'extérieur.
La croix de la Grappe, également appelée croix de Sainte Chrétienne de Géorgie ou croix de Sainte Nino, est une croix dont les branches latérales sont abaissées. C'est le symbole de l'Église orthodoxe apostolique de Géorgie. Elle aurait été apportée par Sainte Nino, venue évangéliser la Géorgie au IVe siècle.
L’ordre de la Très Sainte Trinité et des Captifs, dit ordre des Trinitaires, est un ordre religieux catholique fondé par les Français Saint Jean de Matha et Saint Félix de Valois au XIIe siècle. Cette institution de l’Église catholique est consacrée au service de la rédemption des captifs sans usage des armes et existe encore aujourd’hui.
Cette croix comporte trois couleurs : les branches bleue et rouge sur un fond blanc.
La croix andine, ou chacana (en quechua : tawa chakana, « quatre escaliers »), est un symbole millénaire originaire du Pérou, mais également présent en Argentine et en Équateur.
Sa symbolique mystique représente la connexion entre le ciel et la Terre. Elle se déploie à plusieurs niveaux :
Les trois marches de chaque côté symbolisent :
• Le Monde Supérieur (Hanac Pacha) : les étoiles, les êtres célestes et Dieu
• Le Monde du Milieu (Kay Pacha) : le monde de la vie humaine
• Le Monde Inférieur (Uqhu Pacha) : le monde souterrain et les ancêtres
• Le Condor : notre capacité à communiquer avec les cieux et les esprits
• Le Puma : notre capacité à vaincre nos peurs
• Le Serpent : notre capacité à nous guérir
• Llankay : travail de la maîtrise du corps et du physique
• Munay : amour inconditionnel
• Yachay : sagesse et compréhension au-delà de l’intellect
Les quatre directions de la croix symbolisent :
• Les quatre directions cardinales
• Les quatre éléments : terre, eau, air et feu
• Les quatre saisons de la nature
Cette croix aux formes arrondies provient de peintures rupestres trouvées en Lombardie, sur le site de Val Camonica. Elle a été re-stylisée en 1975 pour devenir le symbole de la région Lombardie.
Cette croix est basée sur la vieille croix de pierre de Sola (ou Tjora), le plus ancien monument national de Norvège. Elle a été érigée à la mémoire d'Erling Skjalgsson après sa mort en 1028. Ce type de croix était très répandu dans la Norvège médiévale.